Lorsque Marie avait trois ans, ses parents Joachim et Anne l'ont amenée au Temple pour la consacrer à Dieu. Ceci a accompli une promesse que le couple âgé avait faite à Dieu lorsque leur prière d’avoir un enfant a été exaucée. Marie fut conduite au Temple par les vierges qui y servaient afin qu'elle ne soit pas triste ou effrayée. Cette icône représente les jeunes filles groupées derrière Anna et Joachim. Le grand prêtre Zacharie a accueilli Marie dans le Temple. Bien qu'elle n'ait que trois ans dans cette histoire, Mary est représentée sous la forme d’une adulte miniature pour signifier sa maturité spirituelle. Elle apparaît également dans la partie supérieure de l’icône, assise dans le Saint des Saints, recevant nourriture et sagesse d'un ange.
Dans cette icône, la superposition des bâtiments crée un effet de profondeur. Dans l'Orthodoxie, les icônes dépeignent un monde céleste qui s'étend bien au-delà des limites de l'humain. Par conséquent, les iconographes ne se sentaient pas tenus de représenter l'espace, la lumière, l'ombre ou la perspective telles que nous les percevons dans la réalité. Les figures stylisées et la perspective abstraite des premiers peintres d'icônes sont restées la norme pour les iconographes longtemps après que les artistes occidentaux ont développé des systèmes destinés à donner plus de réalisme à leur travail.
La représentation de l'architecture est l'un des savoir-faires essentiels de la peinture d'icônes, et cet exemple est un tour de force. Les bâtiments sont ici montrés en section transversale, de sorte à optimiser la quantité d'information visuelle sur leur apparence. Une grande variété d'éléments de structure apparaissent, notamment des arches, des colonnes, des escaliers, des tours, des dômes, et même un jeu de portes royales derrière le prêtre Zacharie. L'iconographe représente toute une gamme de matériaux (brique, bois, tuile, vitrail) et d’éléments décoratifs tels que médaillons, rouleaux et autres ornements. La tonicité des couleurs et des motifs rend la scène vibrante de vie sans éclipser la solennité de la scène. Les points focaux restent les deux images de la jeune Marie.